This post contains affiliate links. I may earn a small commission at no extra cost to you. More information.
Lorsqu’on prépare un voyage à Bohol, on est très vite intrigué à l’idée de voir des tarsiers – des petits animaux timides avec un look vraiment insolite. Mais quand on parle de voir des animaux sauvages, c’est important de faire des recherches, et on a vite réalisé que voir des tarsiers venait avec un vrai dilemme. On avait déjà retiré Oslob (les requins-baleines) de notre itinéraire car l’expérience nous semblait peu éthique, et on s’est demandé si on devait faire le même choix pour les tarsiers de Bohol…
Cet article ne se veut pas donneur de leçon. On n’est pas des experts. On vous invite juste à réfléchir sur ce qu’on a appris lors de notre visite de Bohol pour vous aider à faire vos choix lorsque vous planifiez de voir des tarsiers.

Pourquoi les tarsiers et le tourisme sont un mélange difficile
Les tarsiers sont des animaux nocturnes, extrêmement timides et très sensibles. Même de petites sources de stress peuvent leur nuire. Donc le tourisme, même avec les meilleures intentions, peut être problématique.
À Bohol, les tarsiers des Philippines étaient autrefois communs dans la partie sud de l’île, mais depuis les années 1960 leur population a fortement diminué et n’est estimé qu’à environ 700 individus. Ils sont menacés par la destruction de leur habitat, sa fragmentation, la chasse, la pollution liée à l’agriculture et les perturbations humaines. De nombreux tarsiers ont été capturés pour le commerce d’animaux de compagnie, malgré leur très faible taux de survie en captivité. Leur espérance de vie diminue fortement quand on les déplace de leur habitat naturel, et le contact humain, les lumières artificielles et le bruit peuvent provoquer un stress important.
Il est donc essentiel de faire de la conservation et la sensibilisation. Les sanctuaires et initiatives à but non lucratif peuvent contribuer à protéger les populations restantes et à informer les habitants. Le tourisme peut aider à financer ces actions et à sensibiliser les visiteurs, mais il doit être bien encadré pour éviter de faire plus de mal que de bien.

L’option la plus éthique
Si le bien-être du tarsier est votre priorité absolue, le choix le plus éthique est très simple : décider de ne pas en voir en vrai. C’est une triste réalité : les observer pendant la journée, même dans un sanctuaire, peut stresser l’animal. Et même si vous choisissez de renoncer à la visite, vous pouvez tout de même aider les projects de conservation en faisant un don pour protéger les tarsiers et leur habitat.
C’est une décision difficile quand voir un tarsier fait partie des meilleures attractions de Bohol pour beaucoup de voyageurs. Pour nous, éviter Oslob pour les requins-baleines était une décision facile – il existe de nombreux autres endroits pour les voir de manière responsable – mais ce n’est pas le cas pour les tarsiers. Et si vous êtes déjà à Bohol et que vous passez devant le sanctuaire, ça devient un arrêt très tentant. Dans ce cas, même si ce n’est pas parfait, soutenir des initiatives d’écotourisme où des règles sont appliquées et où le tourisme finance la conservation et l’éducation semble être une manière de limiter certains impacts négatifs.
Notre expérience à la Philippine Tarsier Foundation (Corella)





On a visité le sanctuaire de Philippine Tarsier Foundation à Corella. Il couvre environ 167 hectares à Corella et Sikatuna et est géré par une organisation à but non lucratif soutenue par le Department of Environment and Natural Resources (DENR) et le Department of Tourism (DOT). La visite commence par une courte vidéo sur la conservation, suivie d’un petit musée pour en apprendre davantage sur les tarsiers, avant que des bénévoles guident de très petits groupes – seulement nous deux dans notre cas – pour voir quelques tarsiers dans une zone contrôlée mais naturelle.
Même si voir des tarsiers dans ce type de cadre est loin d’être parfait, choisir une activité d’écotourisme guidée, gérée par une organisation à but non lucratif, avec des règles claires et appliquées, de petits groupes et une dimension éducative nous a semblé être l’option la « moins pire ».
Mais je vais être honnête : il est difficile d’être convaincu d’avoir fait le bon choix. Ça nous a semblé étrange de voir plusieurs tarsiers dans une zone relativement petite, et si facilement accessibles depuis les sentiers. Ceci dit, il y a plusieurs chemins, ce qui augmente naturellement les chances d’en trouver un à proximité.
Pendant notre voyage aux Philippines, on a entendu quelques histoires qui indiquent que les locaux disent parfois aux touristes ce qu’ils veulent entendre. On ne peut qu’espérer que le travail de ce sanctuaire se concentre réellement sur la protection de l’espèce dans son ensemble.
Pourquoi nous avons choisi de ne pas visiter le Bohol Tarsier Conservation Area à Pilar
La deuxième option – et la plus célèbre – est le Bohol Tarsier Conservation Area à Pilar. D’après ce qu’on a vu et entendu, il attire des foules et des groupes beaucoup plus nombreux. L’une des raisons pour lesquelles on a décidé de ne pas visiter le site de Pilar est que, malgré le mot « conservation » dans son nom, nous n’avons pas trouvé d’informations précises sur l’organisation qui le gère ni sur l’utilisation des frais d’entrée. La transparence n’est pas une garantie de pratiques éthiques, mais c’est tout de même quelque chose qu’on recherche quand on fait une activité avec des animaux sauvages.
Certaines vidéos qu’on trouve en ligne montrent des visiteurs qui font la visite sans guide, prennent des photos de très près et font du bruit. Les tarsiers peuvent être vus depuis une passerelle surélevée, et du coup les trouver perchés dans les arbres juste à côté est encore plus surprenant qu’à Corella. Au moins, la passerelle semblait équipée d’une barrière qui – je l’espère – peut aider à maintenir une certaine distance entre les visiteurs et les animaux.
A chaque fois qu’on nous recommandait d’aller à Pilar, c’était pour la même raison : on peut y voir plus de tarsiers. Pour nous, la qualité de la visite compte beaucoup plus que la quantité d’animaux qu’on voit – voir un seul tarsier dans un meilleur environnement nous suffit. Voir plus d’animaux ne signifie pas forcément une meilleure expérience pour eux ni pour les visiteurs ; au contraire, parfois ça veut dire qu’on dérange davantage d’animaux, ce qui rend finalement l’expérience moins agréable pour tout le monde quand on en prend conscience.
Observer des tarsiers en pleine nature
Même si les tarsiers vivent dans les forêts de Bohol, en voir un est presque impossible. Même lorsqu’un guide en pointe un en pleine journée au sanctuaire, il est parfois difficile de le voir. Du coup en voir un de nuit ne semble pas vraiment réaliste. On avait trouvé un safari nocturne au Rajah Sikatuna National Park mais on a finalement décidé de ne pas y participer après quelques recherches. C’est vraiment très rare d’en voir en pleine nature.
Ce qu’il faut savoir avant d’aller voir des tarsiers à Bohol


Si vous décidez de voir des tarsiers à Bohol, voilà quelques conseils à garder en tête pour limiter votre impact :
- Gardez en tête que l’objectif ne doit pas seulement être de voir des tarsiers – mais de limiter votre impact pour les protéger
- Les visites sont courtes et vous ne verrez peut-être pas les petits tarsiers de très près – ayez des attentes réalistes
- Respectez les règles et les instructions de votre guide, mais faites aussi preuve de bon sens si les règles ne sont pas appliquées
- Utilisez toujours un zoom pour prendre une photo plutôt que de vous approcher du tarsier
- Si vous êtes en groupe, évitez que tout le monde prenne des photos. Choisir une seule personne pour photographier le tarsier et partager les images ensuite permet de garder l’expérience plus calme et moins intrusive
- N’utilisez pas de flash
- N’essayez pas de faire des selfies ou de poser avec l’animal – si un tarsier est clairement visible sur votre photo avec vous dessus, ça veut dire que vous êtes trop près
- Restez silencieux (mettez votre téléphone en mode silencieux !) et déplacez-vous lentement
Ce que vous pouvez faire d’autre pour les tarsiers
Le tourisme influence les activités que les guides et chauffeurs recommandent. Beaucoup basent leurs conseils sur ce que les touristes veulent, et donc souvent les options les plus populaires. Notre chauffeur nous a suggéré à plusieurs reprises d’aller à Pilar parce qu’on peut y voir plus de tarsiers. On lui a bien expliqué qu’on préfère une visite courte avec un impact limité et qu’ on voulait soutenir un sanctuaire éducatif à but non lucratif. Il n’a pas totalement compris notre point de vue, mais si plus de touristes expriment les mêmes valeurs, les guides locaux pourraient commencer à conseiller d’autres alternatives.
Avez-vous vu des tarsiers à Bohol ? Partagez votre expérience dans les commentaires ci-dessous !
Où se trouve le Philippine Tarsier Sanctuary ?
Situé à Corella, au centre de Bohol, le Philippine Tarsier Sanctuary est facilement accessible depuis Tagbilaran et Panglao. Vous pouvez vous y rendre en scooter, organiser un chauffeur via votre hébergement ou réserver un chauffeur privé via des plateformes comme Klook.
Enregistrez cet article pour plus tard !
Vous préparez un voyage à Bohol aux Philippines ? Enregistrez cet article sur Pinterest pour le retrouver facilement plus tard !




